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L’idée d’Europe traverse, de manière explicite ou implicite, l’élaboration du mythe de la chrétienté médiévale et son usage politique, par la culture et le magistère catholiques au xixe siècle. Leitmotiv commun, la mise en relief du rôle de l’Église catholique dans la formation de la civilisation européenne sert cependant de fondement à des revendications opposées : de l’exigence d’un accord entre la religion et la liberté, à celle de reconduire l’organisation sociale sous la direction de la papauté.

La civilisation terrassant la barbarie, estampe, Gustave Doré, Paris, 1855. © BnF.
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La détermination des droits et des devoirs des pays qui demeurent hors la guerre quand un conflit touche leur environnement est un processus européen de long cours en perpétuel renouvellement. L’ambition de contenir la violence de guerre nécessite un dialogue entre les États et manifeste, en ce sens, une volonté internationale inscrite dans un horizon de paix. Certaines périodes, comme les secondes moitiés des xviiie et xixe siècles, sont marquées par l’affirmation collective de droits fondamentaux de la neutralité qui ne résistent cependant pas à l’épreuve des grands conflits. Bien que le principe et les pratiques de l’abstention en guerre soient régulièrement mis sur la sellette, ils ne disparaissent jamais pour autant illustrant la foi persistante en la coexistence possible de la guerre et de la paix.

« Au dessus des nuages de la guerre » : l’image classique de la neutralité pendant la Première Guerre mondiale.
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Le processus d’identification des élites a fait l’objet d’analyses théoriques mises en évidence par la sociologie politique. Les historiens ont également contribué à l’étude des « groupes décisionnels », à l’œuvre au début de la construction européenne.

Les élites européennes de plusieurs États du nord-ouest de l’Europe se sont mobilisées autour de la création des premières Communautés. La question de leur élargissement a suscité quelques divergences lors de l’accueil du Danemark, de l’Irlande et du Royaume-Uni. Plus tard, l’impact des mutations des années 1980-1990 a suscité de nouveaux débats, mais n’a pas remis en question le rôle fondamental des élites dans la construction européenne.

Simone Veil présidant une séance du Parlement européen à Strasbourg, le 12 octobre 1979.  Photo : © Claude Truong-Ngoc.

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Le travail contraint revêt de multiples formes, conduisant à des recrutements de main- d’œuvre sur place ou à des mouvements migratoires de grande ampleur. Les engagés européens dans les colonies au xviie siècle sont des volontaires, mais la plupart partent pour échapper à des conditions de vie difficiles. Au xixe siècle, les engagés asiatiques et africains sont transportés vers les colonies européennes. Le système, développé d’abord en raison du besoin de main-d’œuvre lié aux abolitions de l’esclavage, se poursuit dans un autre contexte au xxe siècle. Au xxe siècle, diverses formes de travail forcé sont imposées aux colonisés : prestations en Afrique Occidentale Française (AOF), travail pour les compagnies concessionnaires en Afrique centrale, etc. Ajoutons les déportations des prisonniers et le travail des bagnards et forçats européens. L’implantation sur place de certains de ces travailleurs a des conséquences non négligeables sur l’histoire des colonies « d’accueil ».

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L’idée d’une importance majeure de la traite atlantique dans  le développement économique européen est aujourd’hui abandonnée. L’enchaînement de causalité directe entre commerce atlantique des esclaves, commerce colonial et révolution industrielle ne semble plus recevable. Cela ne justifie pas de minimiser son rôle dans certains secteurs de la production et de la consommation, l’évolution du capitalisme, le renouvellement de la hiérarchie sociale et le débat d’idées. La traite atlantique a contribué à animer de nombreux marchés d’approvisionnement et de redistribution et permis la constitution de grandes fortunes investies dans les activités ou les formes de consommation les plus diverses. Les justifications ou les campagnes abolitionnistes de l’esclavage ont nourri les mouvements philosophiques et religieux qui sont au cœur de la culture européenne actuelle, ce dont témoignent les enjeux mémoriels du temps présent.

Vue actuelle de l’Albert Dock de Liverpool, achevé en 1846. L’innovation portuaire dans le premier port négrier anglais est le troisième au monde. Première construction en fonte, brique et pierre, sans bois de charpente, pour abriter des produits coloniaux. Le système des docks est inventé à Liverpool au milieu du xviiie siècle en parallèle de son décollage comme port négrier et colonial.
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L’Europe des xixe-xxe siècles a été par excellence le continent des crises politiques. Les épisodes de contestation européens (1848, 1918-1919, 1968, 1989) se sont caractérisés par leur récurrence, leur ampleur continentale, leur dimension universaliste, mais également leur caractère profondément transnational. Si ces crises politiques ne furent jamais à proprement parler des crises européennes, elles contribuèrent toutefois à la construction et à la diffusion d’un espace public, d’un modèle et d’une culture politiques en partie partagés au sein des nations européennes.

Foule sur le mur de Berlin près de la porte de Brandenburg le 9 novembre 1989. Sur le panneau on peut lire Achtung! Sie verlassen jetzt West-Berlin"  (Attention ! Vous quittez Berlin Ouest) a été modifié avec un texte additionnel Wie denn?" (Comment ?). 
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Since the nineteenth century military occupations in Europe have often provoked hostility and opposition among the occupied population. Yet resistance to military occupations occurred for a variety of complex reasons, and is itself a complex phenomenon. There is no single definition of “resistance.” Resistance therefore took numerous forms, from armed resistance to withdrawing labour, from organised action to spontaneous opposition. Hostility to the occupier was often driven by religious, nationalistic or political ideology, as well as the occupier’s own policies. Explaining and defining this complex, perhaps inevitable, phenomenon and gauging its success remains a difficult but fascinating task.

Poster published by the Belgian Government Information Center in New York during World War Two (81x53cm), BnF, public domain.
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Le projet économique européen est fondateur des premières communautés européennes avec six États du Nord-Ouest de l’Europe. L’Union douanière européenne coïncide avec la période des Trente Glorieuses, et connaît de nombreux succès, jusqu’à la « crise de l’énergie » au début des années 1970. Après la fin de la guerre froide, le traité de Maastricht propose une nouvelle donne pour l’Europe avec la création de l’Union économique et monétaire (UEM), et d’une Union européenne, forte de 25 États dès mai 2004. Les premières années du xxie siècle sont marquées par de nombreuses turbulences qui rendent plus difficile la réussite du projet économique initial de l’Union européenne.

Signature du traité instituant la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier) dans le Salon de l'Horloge (Quai d'Orsay) où Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, tient le traité. 1951. © Commission européenne.
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Malgré une plus grande égalité juridique et politique entre les hommes et les femmes, les discriminations genrées en matière de logement persistent de nos jours. Même si les personnes sans domicile sont toujours majoritairement des hommes, les femmes continuent à avoir davantage de difficultés à occuper un logement sain et confortable que les hommes. Ces discriminations reposent principalement sur des inégalités en matière de salaire et de possibilités d’emploi, notamment à temps complet, mais elles viennent aussi de la permanence de traditions et de distinctions légales anciennes où les représentations du féminin et du masculin avaient des conséquences sur l’offre et les conditions de logement des femmes et des hommes. En effet, aux xixe et xxe siècles, les habitants sont rarement pensés au féminin, comme si seuls les hommes, célibataires ou chefs de famille, pouvaient acheter ou louer leurs logis. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces représentations n’ont pas disparu dans les politiques publiques du logement comme chez les bailleurs privés.

Leader anarchiste de défense des locataires, Georges Cochon (1879-1959) — à gauche de la tribune, en chapeau et moustache —explique à la presse en 1912 les raisons de son mouvement. Seul à prendre la parole, il est entouré de nombreuses femmes
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